Tuesday, June 18, 2024
{mosimage}Il y a quelques semaines, dans les gorges du Verdon, Henry's (77 ans) a défié la mort une énième fois, assis sur des chaises, en équilibre au-dessus d'un vide de 300 mètres et sans protection. Il avait pourtant fait ses adieux il y a deux ans sur un fil tendu au-dessus du puits Couriot (voir la vidéo dans notre Mag ).

Le 14 juin, un ouvrage sortira en librairie qui retrace la carrière du célèbre funambule stéphanois célébré en 2000 dans le Guinness Book comme "le plus grand du monde".

altAu cours des élections municipales, des candidats avaient sévèrement critiqué le fait que certaines des collections des musées de Saint-Etienne ne soient pas montrées au public. Bernard Ceysson en particulier avait déploré cette situation. Fin 2007, au moment où le Musée d'art moderne fêtait ses 20 ans, un catalogue intitulé "Collections d'art ancien" a paru aux Editions Un, Deux....Quatre. Ses 336 pages et 700 reproductions invitent, pour un prix modique, à  découvrir les sculptures et peintures anciennes qui depuis 1987 sont conservées dans les réserves du MAM. L'ouvrage est superbe, l'intention louable mais le bas blesse. "Cette publication, courageuse, est donc à  double tranchant, note La Tribune de l'Art : en révélant ce qu'elle cache aux yeux du public, Saint-Etienne se place dans une position intenable."

Venu en nombre au Palais des spectacles pour entendre Alain Bashung, le public de Paroles et Musiques a vécu un moment d'émotion intense. L'artiste sophistiqué, le grand poète fauve de la scène rock française, entre dans l'arène élégamment accoutré. On découvre donc un Bashung vêtu d'un costume sombre, portant chemise blanche et feutre mou sur la tête. Les yeux sont cachés derrière une paire de lunettes noires. "Car chacun vaque à  son destin, Petits ou grands, Comme durant des siècles égyptiens Péniblement..." (Comme un légo). Assis dans le clair obscur ou debout, comme un monolithe dans la lumière bleue, il élève sa voix charnelle qui emporte tout. Egrenant une partie de son répertoire classeux, de son dernier album (Vénus, Comme un lego, Je tuerai la pianiste...) aux titres anciens (Angora, Madame rêve...), il prend aux tripes et touche en plein coeur. De bout en bout, jusqu'au moment où il faut achever, en enveloppant la salle d'un pudique et monstrueux "I Love you" en clôture de Nights in White Satin...
parolesmusicmsc.jpgParoles et Musiques, cuvée 2008, a débuté sur des chapeaux de roue avec Mano Solo et Flow. Des seconds on ne savait  rien, pas même le sexe du chanteur, qui se révèlera être une chanteuse. Du premier, on connaissait surtout... le nom. Une première fois donc, et sans déception aucune. De Flow, on retiendra d'abord l'énergie du petit bout de femme, tenant crânement la scène, casquette vissée au crane. Une sorte de petite Patti Smith qui chante de sa voix esquintée des textes souvent durs sur des sujets graves, ou pas, ou moins, avec l'air de dire qu'elle s'en bat... mais pas tant que ça. La musique est entraînante, les textes parfois mystérieux, comme dans toute poésie. On  se souvient des vieux de Brel, on y trouve encore la "sombritude" des anars, entre tendresse et violence. Faut-il aussi déterrer Piaf ? En y accolant un truc alors, punk ou trash, par exemple, à  cause de certaines vulgarités et ce côté faussement gamin ou con de certaines chansons.