Sunday, May 09, 2021

On le doit à Julien Fargettas, directeur de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de la Loire, docteur en histoire et ancien officier de l'Armée de terre. C'est son troisième livre après Les Tirailleurs sénégalais; Les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945 (2012) et La fin de la "Force Noire" - Les soldats africains et la décolonisation française (2019).

Julien Fargettas était hier à Chasselay à la cérémonie en hommage à ces soldats de l'Armée française. Dans cette commune du Rhône a été inaugurée en 1942 une étonnante nécropole militaire. C'est le tata, un style d'architecture de l'Afrique de l'Ouest, tata signifiant dans la langue wolof « enceinte de terre sacrée ». Y reposent 188 tirailleurs sénégalais, des tirailleurs nord-africains et deux légionnaires faits prisonniers et massacrés par les Allemands en juin 40.

Le 26 mai 1944, dans la matinée, les B-17 américains, bombardiers lourds appartenant à  la cinquième escadre de bombardement de la 15e Armée de l'Air, basée en Italie, larguaient leurs bombes sur Saint-Etienne. Au minimum 1392 bombes d'après les recherches de Marc Swanson, auteur d'un ouvrage sur le sujet en 2005.  Le bombardement dura vingt minutes. Il fit un millier de morts - la ville de Saint-Etienne commanda 970 cercueils - et entre 1500 et 2000 blessés. Huit enseignants et vingt-quatre enfants furent tués dans l'école de Tardy. Le nombre de sinistrés avoisine les 20000. D'après un compte rendu récapitulatif officiel de la Défense Passive, cité par Marc Swanson, 230 bâtiments furent entièrement détruits. Le 6 juin 44, jour du débarquement de Normandie, le Maréchal Pétain était à Saint-Etienne...
 
 
Extrait du discours prononcé en 2014 par le maire de Saint-Etienne:

L'exposition "Kata : catastrophes minières" ouvre ses portes ce 26 novembre au Parc-musée de la mine du puits Couriot. Elle est basée sur les recherches effectuées par Jean-Paul Gaschignard, « depuis maintenant plus de 5 ans », nous écrit-il. Jean-Paul Gaschignard est chercheur au Musée de la mine. Une exposition de 2014 sur les poèmes et chansons de la mine s'inspirait également de son travail et il a écrit un livre sur ce thème: Pauvre mineur, mineur joyeux. Avec cette nouvelle exposition, un ouvrage éponyme voit également le jour, en vente au prix de 20 euros au puits Couriot et dans les librairies stéphanoises. Voici une petite présentation du livre, d'après les éléments communiqués par l'auteur.

Kata : catastrophes minières compte 128 pages au format 25 x 19 cm. Jean-Paul Gaschignard y présente les catastrophes minières du bassin de la Loire et leur chronologie, y compris leurs impacts dans la région et en France. Il aborde ensuite les causes techniques de ces accidents, et l’évolution de la sécurité minière en France aux XIX et XXe siècles. Un troisième chapitre, « Images de l’impensable », présente 35 images de catastrophes minières - estampes, dessins, tableaux, gravures, puis photographies - et les commente, en décrivant très rapidement leurs thématiques : la foule en attente, les sauvetages, les enterrements, l’instant de l’accident… Le dernier chapitre, « Le Temps des commémorations », sert de conclusion et raconte les commémorations de ces catastrophes, et les monuments qui les rappellent, très rares dans la notre département. Les annexes comprennent une chronologie complète des accidents de 10 morts et plus dans les mines de la Loire, une chronologie des accidents miniers de 25 morts et plus dans les mines françaises, et une chronologie des accidents collectifs de la Loire après 1942.

5000 morts dans la Loire

Les Archives Départementales de la Loire, à Saint-Etienne, exposent quelques-uns de leurs trésors : objets de théâtre, dessins, parchemins, registres, photographies...

Le plus ancien document présenté (qui n'est pas le plus ancien des Archives) est une bulle pontificale du pape Eugène IV datée de 1445 nommant un certain Louis de Gilbertès hôtelier de l'abbaye de La Chaise-Dieu (Haute-Loire). Dans quelles circonstances s'est elle retrouvée dans les archives de l'hôpital de Roanne déposées ensuite aux Archives Départementales ? La pièce la plus récente est une maquette du « Grand Pont », réalisée en 2004 par Alain Parent. C'est la plus volumineuse des maquettes que conservent les Archives. Il y a dans le bâtiment de la rue Barrouin 47, 8 km linéaires d'archives, en comptant les 12 km de l'extension récemment inaugurée.